Il y a eu plusieurs tentatives d’implanter la tauromachie à Tarbes. Cette histoire méconnue peut vous être proposée sur notre site grâce aux travaux de Daniel Mur (textes et images) ainsi que ses recherches aux Archives Municipales de Tarbes. Un petit rappel tout d'abord du mot Arènes. En Espagne, pays des corridas, l'enceinte ou se produisent les corridas est appelée Plaza de Toros (traduction : place des taureaux). Elle est appelée Arène déformation du mot espagnol arena qui veut dire sable ; la piste est recouverte de sable d'où arène.

Les arènes de Tarbes

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Extrait délibération conseil municipal de Tarbes du 6 Juillet 1857 : les Sieurs Larroque, Rozès et Vidal, marchands de bois et entrepreneurs de travaux public demandent l'autorisation de fonder dans cette ville un établissement permanent où ils auraient l'intention de donner des courses de taureaux. Cet établissement pourrait également accueillir des carrousels des concerts de musique et divers autres spectacles ….. Le conseil municipal rejette la demande.

Premier projet : En  Juillet 1932  nouvel essai cette fois ci de L'Union Tauromachique Tarbaise qui demande à la municipalité de lui octroyer un terrain afin de construire une arène en dur sur le terrain de la villa Bel Air récemment acquis par la municipalité. Le Maire est Alexandre Boué, SFIO, homme politique français né le 30 décembre 1870 à et décédé le 3 juin 1942 à Tarbes. Avocat à Tarbes, il est militant radical-socialiste, conseiller d'arrondissement de 1898 à 1919, conseiller général de 1919 à 1937, adjoint au maire de Tarbes en 1900 et maire de 1912 à 1933. Il est député des Hautes-Pyrénées de 1919 à 1924 et de 1925 à 1928, siégeant sur les bancs radicaux. Dans un premier temps l'Union Tauromachique Tarbaise  propose des arènes en dur et béton armé, puis en décembre 1933 le projet est toujours d'arènes en dur mais cette fois ci en fer (50% plus économiques) mais plus sur le terrain de Bel-Air mais sur n'importe quel terrain municipal. Il est bien entendu que ce serait l'Union Tauromachique Tarbaise  qui paierait la construction des arènes celles-ci reviendraient à la ville au bout de 30 ans, mais la ville pourrait y organiser gratuitement les fêtes scolaires et les diverses sociétés qui le désireraient pourraient profiter des arènes contre une juste rémunération.

Deuxième projet : Le Maire a changé il s'agit de M. Jean CLARENS, SFIO. La mairie autoriserait la construction des arènes sur les quais de l'Adour, vraisemblablement sur la lande de terre d'un méandre du fleuve  à quelque chose près en face du bâtiment de la Croix Blanche. Une plaquette est imprimée :

Ces arènes seraient posées sur le fleuve et avec en fond la chaîne des Pyrénées. Bien regarder le projet : le pont de pierre a déménagé vers l'amont et se retrouve à la place de l'actuel pont Alsthom à quelque chose près. A droite de l'image, les tuileries Oustau de la place de l'Industrie avec leurs 2 cheminées. Ce projet est très vite abandonné car les bords de l'Adour servent à ce moment là de décharge publique et de terre rapportée et les études craignent l'affaissement du terrain du au bâtiment plus les spectateurs car le projet et d'une arène de 8000 places ni plus ni moins.

Troisième projet : Place de l'Industrie, actuelle place Germain Claverie. Les plans sont faits par M. FOURCAUD Architecte Expert SFA Ingénieur civil des Ponts et Chaussées de TARBES. Les Arènes comporteraient 17 gradins 7359 places pour le public 27 places pour les musiciens et 36 places pour la présidence. La façade est splendide (projet d'entrée monumentale) style art déco. La piste fait 50 mètres de diamètre et le bâtiment environ 75 mètres de diamètre.

Au conseil municipal deux camps s'affrontent : ceux qui veulent construire les arènes pour les adultes et ceux qui veulent faire un patronage pour les enfants à la Villa Bel Air.

La villa Breteuil au Parc Bel-Air.

A partir de 1932 de nombreuses modifications apparaîtront à la villa Bel Air. La ville aménagera un parc des sports et apportera des aménagements à la villa pour installer des patronages laïques. A cette date, le parc sera dénommé « parc des Pyrénées » et le château « villa Bel Air » mais seul te nom de Bel-Air restera. En 1960. le terrain des sports est cédé en partie à l'Etat, pour la construction du lycée de jeunes filles Marie Curie et c'est en 1965 que sera prise la décision de transformer la villa Bel Air en crèche. Un patronage est un ensemble d'initiatives associatives destinées à protéger et à venir au secours des pauvres, à l'origine placé sous la protection d'un saint patron. Par extension, le terme désigne le local où se réunissent les enfants ou adolescents qui en bénéficient (Wikipedia). Ainsi que faire des logements (lutte contre les taudis et la cherté des loyers par la construction d'habitations à bon marché et à loyers moyens, piscine municipale, réseau d'égouts). Nous arrivons en 1936 avec le Front Populaire et la Guerre Civile espagnole puis la 2ème Guerre Mondiale donc plus question de construire les Arènes et le projet passe aux oubliettes.

En juillet 1958, c'est à nouveau à la Place aux Bois qu'on édifie des arènes annoncées par les organisateurs comme « les plus grandes arènes démontables d'Europe ». Elles peuvent contenir cinq mille spectateurs. Cette fois, c'est une novillada piquée qui est proposée aux Tarbais,le dimanche 6 juillet, sous couvert d'organisation du Moto-Club Bigourdan, le véritable organisateur étant l'éleveur camarguais Fernand Gidde, qui y fait combattre ses novillos et qui va, pour écumer ses produits, proposer des novilladas dans de nombreuses localités peu habituelles : Sète, Marignane, Saint-Gaudens, Bagnères, Gabarret, etc. Le 19 juillet 1959, toujours à la Place aux Bois, ce sera la novillada la plus brillante de la brève histoire taurine tarbaise. Elle est organisée par Achille Pouly en faveur de la colonie de vacances d'Hossegor. Le 4 septembre 1960, à l'occasion des fêtes de la Gare et toujours place Solférino où les arènes avaient été installées pour la novillada de juillet, c'est la dernière apparition des costumes de lumières à Tarbes.

La première tentative de corridas à Tarbes eut lieu en 1957. Le 4 août de cette année-là fut annoncée une novillada organisée par le Football Olympique Tarbais dans « de belles arènes édifiées pour la circonstance », d'une capacité de 2.500 places. La Société protectrice des animaux de la Bigorre multiplia les protestations et publia de longs articles dans les journaux, arguant que Tarbes n'avait pas une tradition ininterrompue et appelant les pouvoirs publics à interdire le spectacle en faisant craindre des incidents. La S.P.A appela également la société sportive organisatrice à ne pas cautionner ce spectacle : « Bigourdans, vous qui déplorez les guerres, les émeutes, les effusions de sang, ne laissez pas s'instaurer dans notre Bigorre des spectacles meurtriers et cruels, véritables encouragements aux plus bas instincts des foules, lamentables exemples pour vos enfants. Contribuables, vous qui payez et supportez toutes les mesures financières, n'admettez pas que d'importants capitaux français passent outre-Pyrénées sous forme de cachets emportés par les toréadors, matadors et autres « cabaleros » espagnols (…). Sportifs, vous qui aimez les combats loyaux et sans truquages, connaissez-vous ces lâches préparatifs : purges répétées et l'après épuisantes administrées au taureau, sacs de sable très pesants projetés sur les reins pour les endolorir, cornes limées jusqu'au nerf, afin que la douleur et le manque de précision du coup lui enlèvent toute défense et combativité possibles. Où est donc cet esprit du sport, base de toute compétition honnête et que vous exigez avec raison. »

Les corridas après Guerre ou la fin des corridas à Tarbes - Remerciements à Marc LAVIE : Semana Grande Hebdomadaire d'informations taurines et culturelles.

En 1963, derniers documents évoquant les arènes de Tarbes.

Que reste-t il-aujourd'hui, en 2014, à Tarbes ? Juste le siège du club taurin au Grill, place MARCADIEU. Rentrez-y, vous y verrez des coupes et des affiches de corridas.

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Nous avons retrouvé quatre photographies exceptionnelles prises dans les années 50 et portant l’inscription « Tarbes ». Malheureusement, on ne connaît pas le lieu exact à Tarbes  :