Le chaos de Coumély entre Gèdre et Gavarnie
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Le chaos de Coumély

entre Gèdre et Gavarnie

Voici un endroit qui inspira longtemps la crainte et le respect (notamment au XIXe siècle) et auquel, il faut bien l'avouer, on ne prête plus guère attention de nos jours. C'est le chaos de Coumély (ou Coumélie) - photos 2008

Un chaos, en géologie, c'est l'entassement de blocs se formant sous l'action de l'érosion dans certains types de roches (grès, granit).

La montagne de Coumély (alt. 2200 m.). Les gros blocs ne sont pas dus à l'érosion mais sont descendus directement de la montagne de Coumély lors d'un tremblement de terre. C'est le géologue Palassou qui fit le rapprochement entre ces gros blocs et un écrit de Grégoire de Tours relatant un terrible séisme dans les Pyrénées en l'année 580. Il est probable que la célèbre « Brèche de Roland » trouve la même origine à ce tremblement de terre de 580.

On retrouve ce « chaos » dans de nombreuses cartes postales anciennes, mais aussi dans tous les récits de « Voyages aux Pyrénées » du XIXe siècle :

Evidemment, comme on le franchissait à pied ou à cheval, c'était beaucoup plus impressionnant.

Avant l'invention de la photographie, peintres et dessinateurs en tout genre reproduisaient ce paysage spectaculaire avec plus ou moins d'exactitude. En voici quelques reproductions :

Justin Jourdan (1829).

Emilien Frossard (1829).

Eugène Viollet-le-Duc (1833).

William Oliver (1840).

Le chaos s'appelait autrefois la Peyrada (ou Peyrade). Les gros blocs portaient les noms de Moine, Religieuse, Ours ou encore Géant. Un bloc s'appelait « Pas de Roland » car on pouvait y deviner la trace des sabots du cheval de Roland.

Paul Gélibert (1845).

Gustave Doré (1860).

Pas très loin, sur la commune de Gèdre, on peut également admirer le chaos de Héas.

Eugène Bourgeois (1917).

Voici un extrait de Un été dans les Pyrénées de J-E Murray en 1835 : « La vallée se resserre à nouveau dès que l'on quitte Gèdre, et reprend son aspect sauvage. Nous arrivâmes bientôt à la Peyrada, ou chaos, où l'on peut voir les ruines mêmes de la désolation. Quelque effroyable convulsion de la nature, agissant avec une force terrible sur les hautes montagnes qui flanquent la vallée, les a déchirées et déchiquetées en des milliers d'endroits et a réduit en morceaux leurs sommets granitiques. Ces énormes masses rocheuses tombées là sont empilées les unes sur les autres et bloquent la vallée d'un côté à l'autre. Certains blocs forment des arches au-dessus du torrent, d'autres, en obstruant le cours, créent des rapides ou des cataractes, et le chemin, perdu dans ce labyrinthe d'énormes blocs de pierre, comme ceux que les Titans auraient pu jeter vers les cieux, serpente longtemps parmi ces masses en désordre. L'un de ces rochers, objet d'une grande vénération de la part des habitants de la région, et presque égal en sainteté au célèbre caillou de l'Araye, dans la vallée de Héas, est le plus gros et le plus remarquable des millions de rochers de la Peyrada. Il s'appelle la Raille ou Rocher Notre-Dame et les pélerins qui se rendent aux chapelles de Héas ou de Gavarnie font en général une prière au pied de cette masse gigantesque, ou sur son sommet, si leur foi leur donne le courage d'en faire l'escalade. »

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Les deux photos ci-dessous ont été prises au même endroit à 100 ans d'intervalle (1908 et 2008). On s'aperçoit que certains gros blocs ont été dégagés afin d'élargir la route et de permettre le croisement des automobiles et des cars :