Le château de Mauvezin

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Le panorama splendide

Collection de photos anciennes

Histoire du château

Et pourtant le château de Mauvezin est passé tout près de la ruine, comme l’ont été avant lui les châteaux de Luz-Esterre, Beaucens, Montoussé, Lomné, Bénac … et bien d’autres encore qui ont carrément disparu.

Les deux photographies ci-dessus (1903 et 2015) montrent bien l’ampleur des différents chantiers de restauration qui ont eu lieu de 1907 à nos jours.

Difficile également de parler en quelques lignes se son histoire complexe et de son évolution. On estime que le premier château fut construit par le comte Centulle au XIe siècle. En 1216, la comtesse Pétronille (dite la comtesse aux cinq maris) en hérita. Plusieurs seigneurs se succédèrent au gré des conflits entre la France et l’Angleterre, dont les célèbres Gaston Fébus et Henri IV.

La dalle héraldique « J’ay belle dame », au-dessus de l’entrée, témoigne de cette époque reculée. On l’attribue à Jean de Grailly, comte de Foix et de Béarn entre 1412 et 1436. Elle était tellement cachée par le lierre qu’elle échappa à la destruction, notamment pendant la révolution.

Plus que de longs discours, ces six images visibles dans le château montrent bien l’évolution de ce dernier et toutes ses transformations :

Protohistoire env. 2000 ans avant JC.

Oppidum gallo-romain 0-500 ans ap. JC.

Motte castrale (haut moyen âge).

Donjon primitif (XIe siècle) - castrum

Hauts remparts (XII-XIVe)

Nouveau donjon (env. 1380)

Après la Révolution de 1789, le château devint bien national puis propriété communale. Les paysans commencèrent à le démolir pour en retirer les pierres, comme cela se faisait souvent. En 1797, il fallut même prendre un arrêté municipal : « L’agent municipal a fait par le valet de la commune de ne point tirer n’y pierres, n’y mortereaux de l’ancien fort situé dans notre territoire sous peine de charger tous ceux qui feront auquun dommage de tous les événements qui pourront s’en suivre et amener ». En 1862, Achille Jubinal, député bien connu des Hautes-Pyrénées, rachète le château afin de le restaurer. Hélas, il meurt en 1875 sans avoir pu réaliser son projet. En 1906, c’est Albin Bibal, maire de Masseube, qui en fait l’acquisition. Il put y faire quelques travaux de consolidation et l’ouvrir au public. Le 28 mars 1907, il en fait don à l’Escole Gastou Fébus qui le possède encore.

La prise de possession du château le 31 août 1907 est représentée par un tableau à l’intérieur du château (auteur de la peinture : Edward Lacoste, professeur à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux).

L’escole Gastou Fébus est fortement liée à un mouvement en vogue à ce moment-là : le Félibrige cher à Frédéric Mistral et représenté chez nous par Philadelphe de Gerde. Ici les félibres au pique-nique dans le château le 31 août 1907, lors de la fameuse cérémonie.

Les Troubadours Tarbais chantent au milieu des ruines.

La promotion de la langue et de la culture occitane

L’escole Gastou Fébus essaie de promouvoir la langue et la culture occitane. Une riche bibliothèque de plusieurs centaines d’ouvrages en témoigne. Ici, pas d’écran tactile ou de casque MP3 mais les portraits de Philadelphe de Gerde, Miqueu de Camelat ou encore Simin Palay accrochés au mur. C’est ce qui fait, à notre avis, tout le charme de l’endroit. Comme un symbole, c’est d’ailleurs le drapeau de la région Midi-Pyrénées qui flotte sur le château !

Le deuxième intérêt de visiter un château-fort, c’est qu’il est bâti au sommet d’une colline et que bien souvent, on peut voir de loin ! Ici le panorama sur la chaîne des Pyrénées est fabuleux. A noter, la présence sur le chemin de ronde d’une table d’orientation.

Un formidable outil pédagogique

Les enseignants profitent de cet outil pédagogique mis à leur disposition. Ainsi, les élèves n’auront plus de secrets pour le vocabulaire : chemin de ronde, donjon, créneaux, meurtrières, mâchicoulis, blason… De plus, ils peuvent toucher et rentrer dans les machines : bélier, beffroi et autre pilori. De nombreuses animations pour les classes sont proposées.

Que voir dans le château ?

Plusieurs reconstitutions, à l’aide de mannequins et d’objets : la salle du seigneur, la naissance de bébé, la cave, salle de repos des gardes, etc… Nous ne montrons pas toutes les photos pour vous laisser le plaisir de la découverte.

Le point fort du château de Mauvezin, c’est la reproduction d’armes anciennes et de moyens de défense, du début à la fin du moyen âge.

A noter également la très intéressante salle d’archéologie, due à l’association Guillaume Mauran. Outre les découvertes faites au château, des objets trouvés dans les villages alentours sont exposés : Esparros, Banios, Avezac, Ozon, Barbazan-Dessus, Campistrous, Hèches, Asque.

Les animations estivales

Autre point fort, les superbes animations estivales (généralement le dimanche et jours fériés). Tout le programme sur ce lien.

Les aménagements récents

Les gens qui visitent le château ne se doutent pas à quel point il a été transformé ces dernières années. Depuis 1981, les travaux se sont succédés à un rythme incroyable, auto-financés en grande partie, mais aussi avec l’aide précieuse (25%) du Conseil Général. Il y a les travaux invisibles (mise aux normes, électricité, etc…) et les travaux plus spectaculaires : espace d’accueil, parking, aire de pique-nique, palissade.

Décembre 2009 : restauration du grand donjon.

Novembre 2013 : restauration du donjon primitif, au milieu de la cour.

avant (en 2009)

après (en 2015)

Pendant les travaux.

2015 : pose de toitures sur les contreforts.

Un grand merci à Christian Plancade pour l’envoi de ces clichés impressionnants.

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Plus étonnant : Ce sont les ruines du château de Mauvezin qui ont fourni une grande quantité de pierres nécessaires à la construction des grands thermes de Bagnères. C’est le curé de Mauvezin en 1906, l’abbé Pailhé qui l’apprend à Augustin Bibal lorsque ce dernier visite Mauvezin. Le jeune abbé est tourmenté à l’idée de la destruction possible du château et déclare : « Après avoir servi de carrière pour la construction de l’établissement thermal de Bagnères-de-Bigorre, il est devenu carrière communale. Dans quelques années, il ne restera plus que le nom comme de la plupart des châteaux de Bigorre ». Information tirée du livre le « Château de Mauvezin » par Séverin Dubarry, page 74. Sachez qu’Augustin Bibal déclara « Ce serait un crime de détruire une pareille relique du passé, c’est moi qui la relèverai », et c’est ce qu’il fit.

Octobre 2015 : pose de la toiture sur le donjon :

Deux acrobates qui n’ont pas le vertige !

Cliché du 29 octobre 2015.

Monument remarquable, c’est le phare au cœur d’une région magnifique : Les Baronnies. C’est un des deux derniers châteaux forts encore ouverts au public dans notre département (avec celui de Lourdes). Notre site se propose de vous le présenter à travers plusieurs thèmes. Bonne lecture !

La charpente, bien visible au sommet du donjon.