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L’église de Bénac

En se promenant à Bénac, on ne peut que remarquer la belle église d'origine romane qui date des 12 et 13e siècles. C'est l'église de la Nativité de la Sainte-Vierge. Cette église de type bénédictin, en croix latine, fut un prieuré dépendant de Saint-Pé.

Le clocher isolé est plus récent que l'église. L'instituteur de Bénac en 1887 en parlait en ces termes dans sa monographie de la commune : « Une tour baissée, jadis servant de télégraphe et aujourd'hui de beffroi semble garder le temple sacré comme une sentinelle vigilante et austère. »

Observez ce porche à colonnes de marbre et le portail renaissance. Les bases et les chapiteaux datent du 12e siècle. Il est possible que les colonnes soient des anciennes colonnes romaines réutilisées. L'église de Bénac est l'une des plus anciennes du secteur du Marquisat (sinon la plus ancienne). En effet toutes les autres églises ont été détruites en août 1569 lors du passage de Montgomery. L'église de Bénac n'a dû son salut qu'à la présence à ses côtés du château de Barry.

La destruction des églises dans le Marquisat en 1569.

Le vieux pont à Bénac

Pour le plaisir, voici une savoureuse description d'une scène de vie dans le village de Bénac en 1832 (« Voyage aux Pyrénées Françaises » - J.-P. Picquet) : « Bénac - Les éclats d'une bruyante joie m'attirèrent sur la place du bourg. Un vaste théâtre, élevé sur des tonneaux, ornait cette place. L'assemblée était très nombreuse. Instruits par le régent du lieu, les acteurs de la pastorale jouèrent Zaïre avec les gestes forcés et les plus plaisantes fautes de langue, on ne parle français que dans les villes. Si on ne pleura pas aux beaux vers de la tragédie, on riait d'un Orosmane en grande perruque et en robe de palais. les femmes étaient exclues des rôles : on aimait mieux sans doute, les laisser à leurs soins domestiques. Qu'on imagine une vertueuse Zaïre en barbe, agitant l'éventail de la même main qui, la veille, conduisait la charrue ; la princesse était ornée d'ailleurs de tous les falbalas du pays. Ce spectacle devait amuser le spectateur le plus mélancolique. Le dirai-je? dans ce fracas de moeurs grossières, moitié comiques, il régna dans cette attelanne un je ne sais quoi qu'on ne trouve pas toujours dans l'enceinte étroite de nos spectacles. C'est un fait digne de remarque et sûrement bien rare, que le peuple bigorrais ne supporte pas les pièces de boulevard : il faut, pour l'intéresser, nos chefs d'oeuvre dramatiques. Pour avoir mal jugé du goût de ce peuple, un premier acteur des Variétés fut sifflé sur le théâtre de Tarbes. »

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Détail d’un chapiteau.

Découvrez le haubert de Bos de Bénac.

Une photo des années 1910.


Autrefois, on pouvait trouver suspendu dans l'église le haubert du Seigneur Bos de Bénac (aujourd'hui conservé dans un musée de Saint-Etienne).