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Chèze

Les anciennes mines

Clichés et textes : François Pujo

Une description précise de la mine est écrite dans le livre d'Eugène SINTUREL « Au cœur des Pyrénées » page 40 : « Avant-guerre (39-45 ajout MC), j'ai visité les bâtiments d'exploitation groupés au bord de la route de Pierrefitte. Le minerai, sulfure de plomb (galène) ou sulfure de zinc (blende), mélangé de pyrite de fer, est extrait des galeries souterraines ouvertes à plusieurs étages, au flanc de la montagne, à 500 mètres au-dessus de la laverie, près de laquelle il est amené dans des bennes par câble aérien, avec poste de relai visible d'en bas. La source, captée au-dessus du Pont d'Enfer, conduite sur une distance de 1200 mètres, avec pente de 1 millimètre par mètre, puis tombant de 180 mètres par un gros tuyau, fournit une force de 200 à 225 chevaux qui actionnent : 1° un compresseur d'air (l'air comprimé à 6 atmosphères, arrivant dans la mine par un petit tuyau, fait fonctionner huit perforatrices montées sur affûts dont les marteaux peuvent frapper en tous sens) : 2° une grosse turbine (la courroie, entrainée par l'arbre, fait travailler, à l'étage au-dessous les hydro-tamis, les bacs à pistons, les tables de classement, les vibro-classeurs) : 3° une petite turbine Pelton, faisant fonctionner une dynamo pour l'éclairage de la galerie et pour les machines-outils de réparations. Versé dans les gros concasseurs (une mâchoire mobile et une mâchoire fixe), le minerai tombe dans les broyeurs : des cylindres, tournant en sens inverses, écrasent les morceaux, qui glissent sur les hydro-tamis, percés de trous de diamètre de plus en plus réduits (11 millimètres jusqu'à 1/2 millimètres). Ces tamis horizontaux sont animés de mouvements de va-et-vient continuels dans le sens de la longueur, pendant qu'une pluie d'eau les arrose pour détacher les plus fines particules de minerai qui se classent en traversant successivement la série. Les morceaux qui n'ont pu traverser le premier tamis sont amenés à la table de triage, sur laquelle des ouvrières choisissent au passage le minerai riche et les débris presque complètement stériles (quartz, schistes....). Seuls continuent leur trajet les morceaux ordinaires ayant besoin d'un nouveau concassage (par un petit concasseur annexe). Après le classement en volume (huit grosseurs) et en qualité (pur, mixte et stérile), vient le classement en densité, suivant la nature du minerai (galène, blende, pyrite). Ce dernier classement se fait dans les bacs à secousses pour les plus grosses particules et sur les tables planes ou vibro-classeurs pour les boues. Dans le courant d'eau du bac, des toiles métalliques soulèvent et laissent retomber le minerai à des niveaux différents, grâce au mouvement alternatif vertical de pistons de longueurs inégales, qui sont reliées par des excentriques au même arbre de rotation. Les plus lourdes particules (galène) restent sur la toile la plus élevée, tandis que les blendes, les pyrites et les roches de la gangue, de plus en plus légères, descendent le courant. Chaque bac traite une grosseur : à mesure que le grain devient plus fin, l'amplitude du mouvement diminue et sa vitesse augmente. Enfin les boues sont déversées sur de grandes tables à faible inclinaison, secouées lentement et arrosées régulièrement par un tuyau percé de petits trous. Les galènes, les blendes et les pyrites s'y disposent en lits de colorations distinctes. La boue de blende est séchée à l'air puis expédiée en même temps que les morceaux de minerai pur (41 à 47% de zinc). Les résidus de laverie à 10%, ou schlamms, sont enrichis par un broyage plus fin et un nouveau classement. Depuis quelques années, l'exploitation est interrompue. »

Quand vous circulez sur la route entre Pierrefitte et Luz, impossible de louper les ruines de ces bâtiments, ressemblant à s’y méprendre à un vieux château sur son nid d’aigle :  ce sont les anciennes mines de Chèze.

Au premier plan : le parking pour le wagon du tramway. Ce sont des installations destinées à charger le minerai traité vers les wagons du PCL qui passait en contrebas. On devine à droite de la photo la tour du téléphérique.

La tour du téléphérique est un dispositif destiné à amener le minerai des mines du haut vers les installations de traitement (les câbles ont disparus depuis).

Anciens murs en pierres sèches et au-dessus une tour dont les pierres sont liées avec du ciment. Au dessus un plateau (avec des ruches actuellement) dont on ne connaît pas l’utilité (merci de nous renseigner).

Bâtiments dont la maison du directeur et d'autres bâtiments, certains en ruine, d'autres réhabilités en résidences secondaires. Le directeur était Louis Massoure dit « Louis dé Peyrot » père de Claude Massoure qui fut maire de Luz.

Mine de Chèze - cône d’éboulis.

Mine de Chèze - entrée murée mine du bas. Pour trouver les entrées de la mine du bas, garer sa voiture au lieu dit "mine de Chèze", prendre le chemin qui passe au dessus de la première maison (ne pas prendre la piste qui tourne à droite), marcher sur la route dite « Louis XIV », passer le pont d'enfer, marcher jusqu'à trouver le cône d’éboulis, les mines sont là.

Mine de Chèze - entrée murée mine du bas.

François Pujo nous précise : J'ai visité la mine enfant avec mon père (avant qu'elles ne soient murées), les galeries sont sur plusieurs niveaux et une autre entrée se trouve au bord de la nationale (repérer sur la photo le trou à peine visible). On y a trouvé du minerai (les pierres sont très lourdes). Par analogie avec le musée de la mine à Arreau, je plaide pour une réouverture des galeries et éventuellement une exploitation touristique (bien utile par mauvais temps). A noter que les anciens bâtiments avaient abrité une auberge chez G. où avait eu lieu un fait divers sordide dans les années 1980. Marianne Bernard avait couvert l'événement dans son journal « le Cabochard ».

A suivre dans quelques semaines la photo des mines du haut. Pour les trouver à partir du village de Chèze, prendre le chemin de Pan, au premier virage gauche en montant prendre à gauche et suivre le chemin en mauvais état. On trouve ensuite les entrées de mine ainsi que les massifs d'encrage du téléphérique.

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