L’orphelin du Titanic

à  Lourdes

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On trouve sa tombe contre le mur de gauche en rentrant par la rue de l’Egalité.

A Lourdes, au cimetière de l’Egalité, est enterré un survivant du naufrage du Titanic en 1912, rescapé à l’âge de 2 ans. Son histoire est extraordinaire.

C’est l’îlot 5.

Voici son histoire

Michel Navratil, né en Slovaquie le 13 août 1880, vit en Hongrie puis s’installe à Nice en 1902 et ouvre sa boutique de tailleur. Il épouse Marcelle en 1907 à Londres. De cette union naissent deux garçons : Michel (dit « Lolo ») né le 12 juin 1908 à Nice et Edmond (dit « Momo ») né le 5 mars 1910 à Nice. En 1912, le couple était en instance de divorce, le mari accusant la femme d’avoir une liaison. La garde des enfants avait été confiée à leur mère. Durant le week-end de Pâques 1912, alors que les enfants séjournent chez leur père, il décide de les emmener avec lui en Amérique. Michel et Edmond sont alors âgés de 3 ans et demi et 2 ans. Avant son départ, Michel Navratil avait demandé à son employé et ami Hoffmann de lui prêter son passeport.  Il embarqua donc sous le nom de Hoffmann.

Afin d’éviter les contrôles de police à Cherbourg, ils prennent le train en direction de Southampton via Calais pour embarquer le 10 avril 1912 sur le Titanic.


Lors de son voyage inaugural, le Titanic heurte un iceberg, le 14 avril 1912 à 23 h 40 (heure locale). Il coule le 15 avril 1912 à 2 h 20 au large de Terre-Neuve. Environ 1500 passagers meurent. 700 sont rescapés sur des canots dont seulement 56 enfants. Parmi ces enfants, les deux petits Navratil, sauvés par leur père.

«  Mon père entra dans notre cabine pendant que nous dormions. Il m'habilla très chaudement et me prit dans ses bras. Un homme que je ne connaissais pas fit de même avec mon frère. Quand j'y pense maintenant, je suis très ému. Il savait qu'il allait mourir ». Les deux enfants sont montés jusqu'au pont des embarcations pour être placés dans le radeau D, le dernier canot à être mis à la mer. Michel poursuit : « Je ne me souviens pas d'avoir eu peur, ça m’a même fait plaisir d’aller dans le canot de sauvetage !  Nous nous retrouvâmes aux côtés de la fille d'un banquier américain qui essayait de sauver son chien – et personne ne s'y opposa. Il y avait sur le bateau des personnes aux niveaux de vie très différents, et je réalisais plus tard que si nous n’avions pas été en seconde classe, nous serions morts. Les gens qui s’en sortaient vivants, s’étaient souvent montrés tricheurs et agressifs, ceux qui étaient honnêtes n’avaient aucune chance ».

Le canot D, avec les deux enfants à bord sera reccueilli par le bateau Carpathia. Photo d’époque.

Leur père ne survivra pas au naufrage. En revanche, Michel et Edmond seront recueillis aux Etats-Unis durant trois semaines, non-identifiés immédiatement à cause de leurs faux noms.

Leurs photos font le tour du Monde et deviennent même célèbres, leur histoire étant relayée par la presse internationale. Mais il n’y a bien sûr pas ni télévision, ni photos dans les journaux et l’information circule lentement entre les deux continents. On parle pour la première fois des orphelins du Titanic  dans cet article du Figaro du 21 avril 1912 :

A Nice, le lundi de Pâques, Marcelle Navratil, leur mère découvre la disparition de ses fils sans pouvoir imaginer un seul instant qu’ils ont embarqué sur un paquebot transatlantique. C’est en lisant un article de presse contenant une photographie des enfants (l'article était intitulé « Les orphelins de l'Abîme ») qu’elle comprend qu’ils se trouvent en Amérique. Un véritable parcours du combattant commence pour cette femme, car il faut prouver que ces enfants sont bien les siens.

Elle embarque alors à bord de l’Océanic, retrouve, chez Margaret Hays, ses 2 enfants et les ramène en France.

La fille de Michel, Elisabeth Navratil,  publiera un livre sur cette histoire en 1998, puis dans une version réactualisée en 2012.

Le petit Michel qui avait trois ans et demi est devenu un brillant professeur d’université en philosophie. Il meurt en 2001 en étant le dernier survivant homme de la catastrophe (voir sa page Wikipedia). Le petit Edmond qui avait deux ans, s'est marié plus tard à Lourdes. Il a épousé Marcelle Bié pour vivre une carrière d'architecte et une partie de sa vie à Villeneuve-sur-Lot. Il repose dans le caveau familial à Lourdes. Le père des deux enfants fut enterré à Halifax (Canada).

Cette histoire hors du commun des orphelins Navratil aurait pu inspirer un film. Ce sera peut-être pour une autre fois.

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