Accueil. Revenir à la page "Lieux et légendes en Bigorre".

La tuilerie Oustau

à Aureilhan

Notre département avait à la fin du XIXe et tout au long du XXe siècle une vocation industrielle (Usines Soulé, Morane-Saulnier, Arsenal, Péchiney, Alsthom ...). Pourtant, peu de bâtiments ont été construits de façon remarquable. On retiendra le siège des Chemins de Fer du Midi à Tarbes ainsi que certains bâtiments de l'Arsenal. Mais les bâtiments les plus réussis sont ceux de la tuilerie Oustau à Aureilhan (Grand Tarbes).

Trois corps de bâtiments la composaient : l'usine rouge (céramiques), l'usine blanche (pavés et tuyaux) et la poterie. La production a cessé en 1970.

L’usine rouge (photo 2008).

L'usine portait le nom de son fondateur Laurence Oustau (1835-1929), natif de Burg (65). M. Oustau était très apprécié. Il fut un des plus actifs promoteurs des oeuvres sociales, couvrant ses ouvriers contre les accidents de la vie. En 1900, la tuilerie employait 200 ouvriers.

L'usine rouge fut la première créée (en 1873). Les façades, composées de briques vernissées et teintées (8 teintes différentes utilisées) ont été ajoutées en 1881 dans le but de montrer le savoir-faire de l’usine et d’en faire une sorte de vitrine. L'ensemble, dans sa presque totalité, est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1994.

L'usine rouge

L'usine blanche, dont la façade est également très belle, date de 1887.

L'intérieur, notamment les fours, est aussi classé.

La tuilerie est sur l'itinéraire du « Trait Vert », promenade aménagée par le Grand Tarbes. Près des bâtiments, on trouve un panneau explicatif :

Voir notre page spéciale sur les carrières Oustau.

On trouvait les carrières Oustau dans un rayon de 10 kilomètres autour de l’usine :

L'usine rouge. Observez les chevaux.

Voici quelques photographies anciennes de la tuilerie :

Des ouvriers en 1903. L'usine fabriquait bien sûr des briques et des tuiles, mais aussi des pavés, des tuyaux et même des radiateurs électriques.

L'usine blanche

La poterie en activité, puis en 2010.

Les usines d'agglomérés de sable et de ciment.

Il existait également un entrepôt Oustau à Lannemezan (le bâtiment existe encore).

Le kiosque du chauffage électrique Oustau à l'Exposition de Toulouse (Grand Prix). La maison Oustau remporta de nombreuses distinctions dont une Médaille d'Or à l'Exposition Universelle 1889. Des pavés Oustau ornaient les trottoirs de Tunis (marché) et d'Alger (dans certaines églises de nos villages, observez le sol, vous verrez peut-être des pavés Oustau). Des chaudières à huile lourde Oustau équipaient le cuirassé "Lorraine". La Russie utilisa des tuyaux Oustau pour son oléoduc de Bakou !  Près de chez nous, on peut voir des pavés à Pau (boulevard des Pyrénées) et dans certaines rues de Bordeaux.

Enfin, signalons que Laurence Oustau construisit une belle villa à Aureilhan en 1910 avec les tendances "Art Nouveau". Cette villa Oustau est située au 24 de l'avenue Jean Jaurès. C'est maintenant l'Espace Culture Loisirs d'Aureilhan (ECLA). Cette villa est également inscrite aux Monuments Historiques.

Les établissements Oustau

Monsieur Daniel Mur nous envoie d’autres photos et précisions sur ce pan entier de l’histoire industrielle de Tarbes-Aureilhan-Séméac :

Les Etablissements, fondés en 1873 par M. Laurence Oustau, avaient pour but d'appliquer à l'industrie céramique les ressources géologiques de la Région pyrénéenne.

Ils occupent une superficie de soixante hectares et comprennent six usines ou sections.


La 1ère  section créée concernait la fabrication des produits de terre cuite ; un outillage puissant et deux fours continus devaient largement satisfaire les besoins de la Région.


La 2ème section fut édifiée en vue de la fabrication des grès cérame.

Les tuyaux de grès, étant peu connus en France en 1890, nous étions tributaires de l'Angleterre.

La création à Tarbes de cette branche spéciale de la Céramique amena dans le département l'ouverture de carrières

de pegmatites, de syénites et d'argiles kaoliniques.

Son succès fut assuré par des exportations très importantes, et il est tout au moins curieux de noter que le pétrole russe fut conduit au port de Bakou par un pipe-line en tuyaux de grès provenant des Etablissements de Tarbes.

Des conduites d'eau à hautes pressions furent encore établies avec des tuyaux de grès spéciaux et équipées avec un joint élastique et compensateur (brevet Henry Oustau).

Cette formule connut de beaux succès, notamment en Italie.

Le Nord africain, la Tunisie et l'Algérie utilisèrent largement les carrelages grès.


La 3ème section dite des réfractaires fut créée pour répondre à un besoin nouveau.

Les méthodes électrochimiques à la faveur des grandes chutes se répandirent vite dans la Région pyrénéenne et les usines électrométallurgiques trouvèrent dans les Etablissements de Tarbes les différents types de réfractaires nécessaires à la confection des fours électriques et aux garnissages des cubilots.

Dans les silico-alumineux, cette Usine présente deux types très intéressants : un produit alumineux (40 % AL2O3) avec un point de fusion à 1.750 degrés et un produit siliceux (80% SiO2), point de fusion 1.700 degrés.

Elle produit des réfractaires basiques et des produits à base de carborundum (habillage des chaudières du cuirassé Lorraine).


La 4ème section est consacrée aux poteries artistiques et à la fabrication des carreaux émaillés, frises, cabochons, etc., etc.


La 5ème section appelée Usine des Bois Ouvrés fabrique les produits agglomérés, carreaux ciment, pierres artificielles, poteaux armés, etc. Elle occupe deux usines sûr les deux rives de l'Adour reliées par un pont en béton armé, équipé en voie normale et voie Decauville.

Elle possède une force hydraulique de 150 CV, deux dragues dans le lit de l'Adour, deux unités de concassage et un grand nombre de presses.

Elle est desservie par un embranchement particulier

(actuellement Récupération traitement fer métaux CHANFRAU IMPASSE BOIS OUVRES 65600 SEMEAC)



La 6ème et dernière Section utilise la propriété que possèdent certains réfractaires de conserver la chaleur reçue.

Elle fut une des premières usines qui créèrent en France le chauffage électrique par récupération.

Nous terminerons cette monographie en disant que MM. Oustau, pénétrés des devoirs sociaux qui incombent aux grands chefs d'industrie, ont, depuis le début de leurs Etablissements, créé sans cesse des œuvres philanthropiques destinées à assurer leurs ouvriers contre les risques de la vie.

Vue aérienne.

L’usine des bois ouvrés.

Le terrain de l'usine des Bois Ouvrés de Séméac appartenait à M. Noguès dans les années 1870 et était une scierie (de la vient le nom de la rue). Il y avait également la société Pedibos qui fabriquait des planchers il reste encore son nom sur une façade de maison photo ci-contre.

L’usine Clair vers 1910.

Revenir à la page "Lieux et légendes en Bigorre".  Découvrez de superbes photos (2014) de l'intérieur de l'usine Oustau sur ce site.