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Le vase de Louis XIV

à Artagnan

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Une des plus belles sculptures du parc du château de Versailles est le « vase aux soleils » sur le parterre de Latone.

Curieusement, un vase identique se trouve dans notre département, dans la commune d’Artagnan. Et c’est un peu un mystère... (photo 2011)

Le vase est situé dans l’ancien parc du château d’Artagnan, aujourd’hui propriété privée.

Le château d’Artagnan en 2011 avec les restes d’un cloître.

Le château d’Artagnan tel qu’il était en 1910 avant l’incendie qui le ravagea en 1934. C’est le château de la mère du mousquetaire D’Artagnan. On dit aussi que c’est ici qu’aurait été conçu Théophile Gautier.

Pour trouver le vase, il faut bien sûr l’autorisation des propriétaires du parc. Puis, au bout d’une belle allée d’arbres centenaires, il faut s’enfoncer dans un petit bois.

Plan de situation

Le vase d’Artagnan est très dégradé. Exposé aux intempéries, il est également abîmé par le lierre. La tradition locale indique que le vase était un ornement du mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz. C’est faux ; le vase de Versailles est une création originale de 1687, tandis que le mariage fut célébré en 1660.

Le vase semble plutôt être une copie, un moulage, peut-être installé là à la demande du Comte de Montesquiou. Robert de Montesquiou (1855-1921) était une célébrité de son époque. Ce dandy parisien fut aussi le dernier propriétaire du château d’Artagnan avant son incendie. Ami de Proust, amateur d’art, poète, il fut aussi propriétaire du palais du Vésinet, sorte de copie fidèle du Grand Trianon de Versailles. Voici donc peut-être un lien avec le vase.

Le « vase aux soleils » ne représente pas Louis XIV, mais le dieu Apollon y est représenté deux fois avec les rayons du soleil. Le dieu soleil Apollon sera l’emblème choisi par Louis XIV, ce qui lui vaudra le surnom de « Roi Soleil ».

Le vase d’Artagnan repose sur une structure en briques. On sait que les briques n’ont été fabriquées industriellement qu’à partir de 1830. Le vase n’a donc été posé que tardivement à Artagnan. Une des hypothèses serait qu’un membre de la famille Montesquiou s’est suicidé dans l’Adour proche et que le vase aurait été placé là en souvenir.

Cette photo (vers 1920) nous montre le vase avant d’être abîmé. La légende est erronée (il faut lire Louis XIV).

L’allée de chênes menant au vase.

Le vase original de Versailles. Il n’a pas un mais deux vases exécutés en 1687 par les sculpteurs Jean Dugoulon et Jean Drouilly sur le même dessin. Voici quelques photos :

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M. Bertrand Lamon nous adresse ces remarques intéressantes : « En tant qu'historien de formation (université de Rennes II Haute-Bretagne), j'en arrive à une conclusion similaire à la vôtre concernant le fameux vase... Le support, en briques « mécaniques », ne peut être que postérieur à l'oeuvre. On retrouve en effet ce matériau de façon assez fréquente dans les villages de la plaine (Vic-en-Bigorre, Rabastens de Bigorre), bourgs situés à la croisée de noeuds routiers et places de marchés ou de foires. La généralisation progressive de ce matériau peu onéreux a permis la construction de nombreuses maisons en dur au milieux du XIXème siècle. Même si ce procédé était déjà connu pour l'érection des châteaux de Montaner par Gaston Phoebus par exemple, ou encore celui de la citadelle de Perpignan.

Enfin, une carte postale relative au « château » d'Artagnan (en fait une ferme fortifiée progressivement modifiée par ses sucesseurs) montre un buste (Théophile Gautier) juché sur une pile de briques mécaniques. Cette construction semble assez identique à celle du vase. La forme et la construction sont troublantes. On peut avancer un certain rapprochement... »

La seconde statue représentant Polymnie semble aussi reposer sur une structure en brique.