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Les anciennes mines à Orignac

Orignac est une petite commune située aux environs de Bagnères-de-Bigorre. Dès le XIXème siècle, par l’intermédiaire du Marquis de Querrieu, la commune d’Orignac exploitait des mines, non pas d’or comme pourrait suggérer le nom de la commune, mais de lignite. Le lignite (espèce de charbon entre la tourbe et la houille) était utilisé comme combustible pour le chauffage industriel ou la production d’électricité. Le lignite a beaucoup de défauts (mauvaises odeurs, pollution) et n’est plus exploitée en France (contrairement à l’Allemagne ou la Chine). La mine d’Orignac a été exploitée de 1854 à 1880 puis en 1917-18 et enfin de 1940 à 1947, soit dans des périodes de pénurie. Elle est aujourd’hui fermée.

La mine, d’abord dans des galeries, fut exploitée sur la fin à ciel ouvert. Elle est située au sud-ouest de la commune. La photo de gauche date de 1947 :

Pourquoi parler de cette mine disparue et dont il ne reste aucune trace ? En vérité cette mine a permis de réaliser, de façon indirecte, deux événements d’une importance historique considérable pour notre département (et même la région).

Premier événement : Un ingénieur des mines, Célestin-Xavier Vaussenat, originaire de Grenoble, arrive à Bagnères-de-Bigorre pour s’occuper des mines d’Orignac. Le 19 août 1864 à l’Hôtel des voyageurs au Cirque de Gavarnie, Vaussenat est parmi les fondateurs de la société Ramond. À partir de ce groupe de personnes est lancé le projet d’études à partir du Pic du Midi de Bigorre. D'un caractère plus avenant que le général Nansouty, Vaussenat se charge de trouver les fonds nécessaires à ce projet. Quand les mines d’Orignac ferment, Vaussenat consacre tout son temps à l’aménagement du Pic. On peut dire que sans les mines d’Orignac, l’observatoire du Pic-du-Midi-de-Bigorre n’aurait peut-être jamais vu le jour ! (puisque ce sont elles qui ont fait venir Vaussenat dans les Pyrénées)

Deuxième événement : de1866 à 1869, Emilien Frossard, certainement prévenu par Vaussenat fait l’inventaire des restes d’animaux retrouvés lors de l’exploitation de la mine. Ce sont les mammifères les plus anciens (datés du tertiaire) retrouvés dans notre département, bien antérieurs au mammouth : mastodon (tetrapholodon) cf. Longirostris, dinotherium giganteum, tapirus priscus, rhinoceros schleiermacheri, chalicotherium glodfussi, hipparion gracile, dorcatherium crassum, cervus dicranoceros, steneofiber jaegeri, indarctos arctoïdes (Préhistoire des Hautes-Pyrénées de Jacques Omnès).

L’impressionnant chalicothère (très grand)

L’hipparion gracile, ancêtre du cheval

Dinotherium giganteum, éléphant antique

Le rhinocéros laineux

Steneofiber jaegeri (castor)

De nombreux clichés de l’exploitation des mines dans les années 1940 ont été réalisés par les laboratoires Alix (fonds Eyssalet). On peut retrouver 33 de ces images exceptionnelles sur le site du fonds Eyssalet (lien ci-dessous, cliquez sur catalogue - recherche simple - puis tapez Orignac).

Images anciennes du Fonds Eyssalet.

Nous sommes dans un marécage, véritable spectacle de désolation :

Nous nous sommes rendus sur place, en 2013, pour prendre des photos du lieu des anciennes mines, c’est dans le petit bois :

Le lignite (du latin lignum : bois), provenait à Orignac d’anciens séquoïas transportés par les crues de l’Adour dans une cuvette. Les animaux retrouvés ont eux-aussi été transportés à l’état de cadavre par l’Adour en crue. Tout ce petit monde se trouvait piégé à cet endroit, il y a 20 millions d’années !

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Très peu de traces d’une occupation humaine. Tout ou presque a été comblé et « nettoyé ».


Bien évidemment, nous sommes à la recherche de toute photo ou renseignement complémentaire (loucrup@orange.fr).

Les seules galeries retrouvées sont celles des blaireaux, qui ont colonisé en nombre cet endroit.

Sachez enfin qu’on extrayait également de l’argile en même temps que le lignite. Deux fours à brique chauffés au lignite fonctionnèrent de 1854 à 1880, produisant notamment de nombreuses briques pour le viaduc de Lanespède. Source de l’info : Richesses naturelles des Pyrénées, p41, par André Imbert.

Ce courrier daté de 1946 nous en apprend un peu plus sur les bureaux et succursales des mines d’Orignac, qu’on trouvait à Bagnères-de-Bigorre et à Blagnac.

Les bureaux bagnérais

6 place des Thermes

6 rue des Thermes